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« Contrôle de la Pensée »
McCarthy était président du « Comité du Sénat sur les opérations gouvernementales », qui remplissait au Sénat des fonctions parallèles à celles de la Commission des activités antiaméricaines de la Chambre des députés. Il a déclaré à « U.S. News and World Report » son intention de dénicher « les penseurs communistes » dans l’éducation :
« Partout, vous entendez des clameurs qui nous accusent d’interférer avec la liberté de l’enseignement. Et vous et moi savons bien qu’il n’y a aucune liberté de pensée, aucune liberté d’expression de la part d’un enseignant communiste. Sa pensée est définie pour lui et s’il dévie d’un iota il est expulsé du Parti. Donc, il est complètement faux de prétendre que vous êtes en train d’enfreindre la liberté de pensée, la liberté d’expression, quand vous vous débarrassez des communistes. Celui qui essaye de vous débarrasser d’eux et d’avoir de bons Américains honnêtes dans vos écoles et vos collèges, essaye de promouvoir la liberté de pensée et d’expression au collège [...] le contrôle total de la pensée est du côté des communistes. »
« Le contrôle de la pensée » est un concept à géométrie variable. Cinquante ans après, Alain Vivien, nommé président de la M.I.L.S. en 1998, et les collègues qui partagent ses opinions, continuent à utiliser une rhétorique qui dénonce « la manipulation mentale » et le « totalitarisme ». De plus, ils servent de consultants pour l’un des régimes les plus totalitaires au monde, le gouvernement chinois, sur le traitement à appliquer aux religions minoritaires comme le mouvement bouddhiste Falun Gong et des mouvements chrétiens.
« J’ai rencontré le responsable chinois des affaires religieuses », a déclaré la députée Catherine Picard à CBN News. En novembre 2000, A. Vivien et sa femme ont été invités à un symposium du gouvernement chinois à Pékin sur les « sectes destructrices ». La femme d’Alain Vivien, Patricia Casano, était alors à la tête du Centre Contre les Manipulations Mentales (C.C.M.M.), groupe « antisecte » autrefois présidé par A. Vivien lui-même. Peu de temps après leur visite en Chine, le bulletin du C.C.M.M. expliquait qu’en Chine « la France est souvent citée en exemple en raison de l’ampleur et de la cohérence des mesures prises pour répondre à la menace sectaire » et reproduisait deux pages de propagande du gouvernement chinois contre le Falun Gong. Aucune critique n’a été émise sur le fait que des représentants français cautionnent par leur présence un régime qui emprisonne et torture les fidèles de toute religion jugée non acceptable par le gouvernement.
Le rapport d’Amnesty International fait état de plusieurs décès en prison dans des circonstances douteuses.
La principale source d’information de J. McCarthy était le F.B.I., alors dirigé par J. Edgar Hoover. Ni lui ni son personnel ne se souciaient de vérifier leurs dires, étant des démagogues et non des enquêteurs impartiaux.
Aujourd’hui A. Vivien et ses collègues reçoivent une partie de leurs informations de l’équivalent français du F.B.I., les R.G., qui à son tour travaille en étroite collaboration avec l’A.D.F.I., mouvement « antisecte » largement subventionné par le gouvernement français. Une demande de subvention publique déposée par l’A.D.F.I. a souligné que la collaboration avec les R.G. était essentielle pour son fonctionnement. Par ailleurs, les comptes de l’A.D.F.I. montrent qu’elle ne pourrait survivre sans les subventions qui constituent sa source principale de financement.
De même que le F.B.I. de Hoover avait mis sous surveillance des individus soupçonnés de « mal penser », les R.G. aussi exercent une surveillance sur les individus « religieusement incorrects ». CBN News décrit comment des officiers des R.G. ont surveillé les services religieux d’une église évangélique charismatique à Mulhouse, « se mêlant à la foule » et prenant des notes.
Autre parallèle entre le maccarthysme et la campagne contre les minorités religieuses en France : tous les deux révisent continuellement la dimension du problème présumé. Comme J. McCarthy qui présentait des chiffres différents de présumés communistes au Congrès et au Département d’État américain, A. Vivien, l’A.D.F.I. et leurs troupes continuent à réviser leurs évaluations des prétendues « sectes », sans même fournir une définition de ce terme.
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